Bloc-Notes de Frédéric Bouchez

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L’étudiant de demain : un autodidacte ?

Certains trouveront que mon titre est un non-sens, et d’une certaine manière ils n’ont pas tort !

Un autodidacte est communément une personne qui a appris par elle-même, en dehors des institutions éducatives (autoformation). A contrario, le nom étudiant est généralement attribué aux personnes suivant un cursus scolaire (hétéro-formation), bien que dérivé du latin studere qui signifie « s’appliquer à apprendre quelque chose ».

Si on s’en tient au sens courant, un étudiant ne pourrait donc a priori pas être autodidacte. Mais venons-en à « l’analyse » de l’étudiant de demain…

D’après Philippe Martin, les étudiants de demain (en réalité déjà d’aujourd’hui), les digital natives (ceux qui n’ont pas connu la cabine téléphonique ni le mélodieux modem 56k), semblent présenter les caractéristiques suivantes :

  • « Les digital natives n’ont aucune attente vis à vis de l’école en ce qui concerne les TIC. Les enseignants sont largués sur ce dossier. Ils disent s’ennuyer, que c’est long, que l’école n’avance pas assez. »
  • « 95 % des choses qu’ils apprennent ou découvrent viennent de leurs amis, soit par le chat, soit par la cour de récréation. C’est la recommandation et le bouche à oreille. »
  • « Ils peuvent avoir des réponses à des questions instantanément et reprennent parfois leurs parents. »


On voit déjà à travers ces quelques remarques que les attentes et pratiques en matière d’apprentissage ont évolué du côté étudiant. Mais qu’en est-il du côté enseignant?
L’étudiant de demain se sert ainsi des enseignements qu’il suit comme d’un « déclencheur », d’un point de départ, pour approfondir les domaines et sujets qui l’intéressent ou qui le questionnent. Si cet approfondissement n’est pas fourni par ses enseignants (hétéro-formation) il ira la chercher par lui-même (auto-formation).
On se rend alors compte que les deux notions d’études et d’autodidaxie se rejoignent de plus en plus. Le mot étudiant reprend son sens latin.

L’enjeu de l’enseignement ne serait donc plus d’inculquer aux étudiants l’intégralité des notions pendant les cours mais de susciter l’intérêt de leur auditoire sur des domaines qu’ils approfondiraient par eux-même (et volontairement !). L’école devient réellement un environnement au service de l’épanouissement de l’élève.

Sous cette nouvelle forme, l’enseignement développerait intrinsèquement la volonté d’entreprendre de l’étudiant, qui me semble être une qualité clé pour la vie professionnelle de cet étudiant devenu employé (ou créateur !).

Reste à savoir comment l’entreprise intégrera ces étudiants arrivant sur le marché du travail. Mais c’est un autre sujet…

Et vous, qu’en pensez-vous ? Ce modèle de l’école-tremplin-vers-le-savoir et non plus de l’école-inculcatrice-de-savoir vous inspire ? Vous fait peur ? Vous laisse dubitatif ?