L’étudiant de demain : un autodidacte ?
Certains trouveront que mon titre est un non-sens, et d’une certaine manière ils n’ont pas tort !
Un autodidacte est communément une personne qui a appris par elle-même, en dehors des institutions éducatives (autoformation). A contrario, le nom étudiant est généralement attribué aux personnes suivant un cursus scolaire (hétéro-formation), bien que dérivé du latin studere qui signifie « s’appliquer à apprendre quelque chose ».
Si on s’en tient au sens courant, un étudiant ne pourrait donc a priori pas être autodidacte. Mais venons-en à « l’analyse » de l’étudiant de demain…
D’après Philippe Martin, les étudiants de demain (en réalité déjà d’aujourd’hui), les digital natives (ceux qui n’ont pas connu la cabine téléphonique ni le mélodieux modem 56k), semblent présenter les caractéristiques suivantes :
- « Les digital natives n’ont aucune attente vis à vis de l’école en ce qui concerne les TIC. Les enseignants sont largués sur ce dossier. Ils disent s’ennuyer, que c’est long, que l’école n’avance pas assez. »
- « 95 % des choses qu’ils apprennent ou découvrent viennent de leurs amis, soit par le chat, soit par la cour de récréation. C’est la recommandation et le bouche à oreille. »
- « Ils peuvent avoir des réponses à des questions instantanément et reprennent parfois leurs parents. »
On voit déjà à travers ces quelques remarques que les attentes et pratiques en matière d’apprentissage ont évolué du côté étudiant. Mais qu’en est-il du côté enseignant?
L’étudiant de demain se sert ainsi des enseignements qu’il suit comme d’un « déclencheur », d’un point de départ, pour approfondir les domaines et sujets qui l’intéressent ou qui le questionnent. Si cet approfondissement n’est pas fourni par ses enseignants (hétéro-formation) il ira la chercher par lui-même (auto-formation).
On se rend alors compte que les deux notions d’études et d’autodidaxie se rejoignent de plus en plus. Le mot étudiant reprend son sens latin.
L’enjeu de l’enseignement ne serait donc plus d’inculquer aux étudiants l’intégralité des notions pendant les cours mais de susciter l’intérêt de leur auditoire sur des domaines qu’ils approfondiraient par eux-même (et volontairement !). L’école devient réellement un environnement au service de l’épanouissement de l’élève.
Sous cette nouvelle forme, l’enseignement développerait intrinsèquement la volonté d’entreprendre de l’étudiant, qui me semble être une qualité clé pour la vie professionnelle de cet étudiant devenu employé (ou créateur !).
Reste à savoir comment l’entreprise intégrera ces étudiants arrivant sur le marché du travail. Mais c’est un autre sujet…
Et vous, qu’en pensez-vous ? Ce modèle de l’école-tremplin-vers-le-savoir et non plus de l’école-inculcatrice-de-savoir vous inspire ? Vous fait peur ? Vous laisse dubitatif ?
« Construire un état entrepreneur »
Dans son discours de ce jour prononcé à Douai, outre le fait que Nicolas Sarkozy ait évoqué à plusieurs reprise la révolution numérique qui doit animer la France (ce qui n’est pas pour me déplaire) ainsi que la volonté réaffirmée de faire de la recherche et de l’université des leviers de notre compétitivité, j’ai retenu une phrase, qui plaira à beaucoup de mes collègues de l’Iteem : l’enjeu est de « construire un état entrepreneur ». Aurait-on trouvé le prochain conférencier qui interviendrait auprès des iteemiens ?
2.0 & secteur public
Hier après-midi, j’ai eu l’honneur de présenter les concepts du 2.0 auprès de la Direction des Systèmes d’Information du Conseil Général de Pas-de-Calais, sur invitation de Fabrice Douez, DSI.
J’ai été très agréablement surpris par l’intérêt porté par le Conseil Général sur le sujet du collaboratif, et plus globalement sur les nouvelles pratiques de travail et de collaboration (dont le télétravail).
Le monde de la Fonction Publique paraît assez souvent obscur et peut attractif pour des inconditionnels du privé… « fonctionnement dépassée », « lourdeur », « manque de créativité et de dynamisme » et pourtant tout ce que j’ai vu à la DSI du CG62 m’a prouvé le contraire et m’a montré que les deux secteurs avaient des logiques facilement comparables.
Au vu du dynamisme et de l’ouverture d’esprit de cette DSI, je me dis que le secteur privé devrait parfois prendre exemple !
Quels est selon vous l’intérêt pour le public de mettre en place une pratique collaborative ? Avez-vous déjà des expériences de mise en place de pratiques collaboratives dans ce secteur ?
Quels pourraient être leurs besoins et les outils pour y répondre ?
En tout cas, merci à la DSI pour l’accueil qui m’a été réservé et l’intérêt porté sur le sujet !
N’hésitez pas aussi à faire des commentaires sur la présentation…
Management : de Bonaparte au curling
Petite citation sympatique, tirée de l’article « Innovation et management d’équipe : Bonaparte au balai » de Maurice Thévenet dans le livre L’art de l’innovation :
« Le modèle du manager ne peut plus être celui de Bonaparte au Pont d’Arcole tel que le représente Vernet, fier et en première ligne avec les soldats qui le suivent aveuglément et pleins de confiance. Les modèles nouveaux du manager en situation d’innovation doivent être cherchés ailleurs, dans le sport en général, le curling en particulier. […] Au curling notre manager d’innovation serait le porteur du balai ; il frotte la glace de manière à faciliter la progression de la pierre. Il développe beaucoup d’efforts pour le succès du lancer mais sans jamais toucher la pierre…
Comme dans beaucoup d’activités humaines, le manager doit alors faire beaucoup d’efforts pour que rien ne se passe ou du moins que chacun en ait l’impression. Passer de Bonaparte au balai n’est pas chose aisée. Cela ne requiert pas seulement des compétences de la part des managers mais aussi une autre conception d’eux-mêmes et de leur rôle, un glissement de leurs sources de reconnaissance. »
Même si je ne suis pas convaincu que c’est dans le sport que l’on trouvera le modèle du manager de demain, il est vrai que celui-ci s’attachera moins à désigner le chemin à emprunter qu’à faciliter le développement « autonome » des ressources qu’il gère et à favoriser les interactions entre ces ressources.
Qu’en pensez-vous ?
“Reinvent the management”, by heavyweight thinkers
Demain, mercredi 28 mai, se tiendra à Half Moon Bay (Californie) un échange entre très grands noms du management. L’idée d’origine est la suivante : What would happen if you asked 30 of the world’s most progressive business thinkers to reinvent management for the 21st century?
Cet échange (non ouvert au public) mettra autour d’une même table des pointures académiques telles que Henry Mintzberg (McGill), Peter Senge (MIT), Chris Argyris (Harvard), Gary Hamel (Harvard) ; des grands penseurs, éditeurs et écrivains et des “business leaders” tels que John Mackey (CEO de Whole Foods) ou encore Marissa Mayer (Google’s VP for search products).
Gary Hamel est à l’origine de cette initiative, mise en place dans le cadre du MLab.
Les résultats de cet échange qui promet d’être intéressant seront publiés sur leur site. Vous pouvez lire l’article du MLab à ce sujet.
Je vous recommande par ailleurs la lecture du dernier livre de Gary Hamel (traduction de The Future of Management) : La Fin du Management.
