Bloc-Notes de Frédéric Bouchez

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Peut-on réussir une création d’entreprise en n’étant ni professionnel expérimenté ni étudiant ?

Etudiant entrepreneurPeut-on réussir une création d’entreprise en n’étant ni professionnel expérimenté ni étudiant ?

A première vue, oui : pourquoi un jeune professionnel ne pourrait pas avoir une bonne idée, assez bonne pour donner lieu à la création d’une entreprise ? Tant que les compétences en création d’entreprise sont au rendez-vous, pourquoi le fait de ne plus être étudiant et de ne pas être professionnel expérimenté serait un handicap ? Et d’ailleurs, pourquoi serait-il plus facile à un étudiant de lancer une entreprise qu’à un jeune professionnel (déjà plus expérimenté) ?

La réponse à cette question est… le réseau :

  • Un étudiant bénéficie du réseau de ses camarades, de celui de ses professeurs, de celui de ses parents et de l’appui de tout ce petit monde.
  • Un travailleur expérimenté s’est tissé un réseau de professionnels qui peuvent l’aiguiller et l’aider dans sa démarche de création.
  • A contrario, un jeune n’ayant qu’un ou deux ans d’expérience professionnelle se trouve dans une phase de creux au niveau de son réseau. il a quitté l’environnement universitaire, est censé avoir pris son indépendance vis à vis de ses parents, mais n’a pas encore pu constituer un réseau professionnel diversifié et puissant.

Si l’on considère que le réseau est un ingrédient essentiel dans la création d’entreprise, cette faiblesse inhérente aux premières années d’activité professionnelle peut devenir un réel handicap. Les exemples de réussite alors que le créateur n’était encore qu’étudiant sont légion : Michael Dell (Dell), Mark Zuckerberg (Facebook), Larry Page (Google) et bien d’autres ; ceux de créateurs expérimentés sont innombrables ; mais peu sont ceux de créateurs dans la période de 2 ans consécutive à leur obtention de diplôme.

Mais cela ne veut pas dire qu’il est impossible de lancer une entreprise en n’étant ni étudiant ni professionnel expérimenté. Une des possibilités est de s’associer avec un professionnel plus expérimenté et bénéficiant d’un réseau conséquent.Une autre possibilité, si l’on est seul face à la création d’entreprise, est d’avoir su se constituer un réseau assez fort dès les premières années d’études. Cette démarche permet d’accroître l’efficacité de la transition entre le monde universitaire et le monde professionnel.

Comment y parvenir ? En faisant un suivi des relations tissées lors de stages en entreprises, en participant à des événements professionnels, colloques, congrès et autres séminaires, en profitant des visites d’entreprises pour nouer des premiers contacts, etc.

Il me semble que cette démarche est primordiale pour les jeunes qui souhaiteraient développer un projet de création d’entreprise durant leurs premières années d’activité.

Mais cela est bien entendu très important pour tous les étudiants quelque soit leur projet professionnel, car cela leur facilitera leurs premières années d’exercice, qui plus est quand la concurrence sur le marché dutravail est rude. 

Qu’en pensez-vous ? Avez-vous des exemples de création post-graduation réussies ? Le réseau est-il selon vous un élément déterminant dans la réussite d’un projet de création d’entreprise ?

L’étudiant de demain : un autodidacte ?

Certains trouveront que mon titre est un non-sens, et d’une certaine manière ils n’ont pas tort !

Un autodidacte est communément une personne qui a appris par elle-même, en dehors des institutions éducatives (autoformation). A contrario, le nom étudiant est généralement attribué aux personnes suivant un cursus scolaire (hétéro-formation), bien que dérivé du latin studere qui signifie « s’appliquer à apprendre quelque chose ».

Si on s’en tient au sens courant, un étudiant ne pourrait donc a priori pas être autodidacte. Mais venons-en à « l’analyse » de l’étudiant de demain…

D’après Philippe Martin, les étudiants de demain (en réalité déjà d’aujourd’hui), les digital natives (ceux qui n’ont pas connu la cabine téléphonique ni le mélodieux modem 56k), semblent présenter les caractéristiques suivantes :

  • « Les digital natives n’ont aucune attente vis à vis de l’école en ce qui concerne les TIC. Les enseignants sont largués sur ce dossier. Ils disent s’ennuyer, que c’est long, que l’école n’avance pas assez. »
  • « 95 % des choses qu’ils apprennent ou découvrent viennent de leurs amis, soit par le chat, soit par la cour de récréation. C’est la recommandation et le bouche à oreille. »
  • « Ils peuvent avoir des réponses à des questions instantanément et reprennent parfois leurs parents. »


On voit déjà à travers ces quelques remarques que les attentes et pratiques en matière d’apprentissage ont évolué du côté étudiant. Mais qu’en est-il du côté enseignant?
L’étudiant de demain se sert ainsi des enseignements qu’il suit comme d’un « déclencheur », d’un point de départ, pour approfondir les domaines et sujets qui l’intéressent ou qui le questionnent. Si cet approfondissement n’est pas fourni par ses enseignants (hétéro-formation) il ira la chercher par lui-même (auto-formation).
On se rend alors compte que les deux notions d’études et d’autodidaxie se rejoignent de plus en plus. Le mot étudiant reprend son sens latin.

L’enjeu de l’enseignement ne serait donc plus d’inculquer aux étudiants l’intégralité des notions pendant les cours mais de susciter l’intérêt de leur auditoire sur des domaines qu’ils approfondiraient par eux-même (et volontairement !). L’école devient réellement un environnement au service de l’épanouissement de l’élève.

Sous cette nouvelle forme, l’enseignement développerait intrinsèquement la volonté d’entreprendre de l’étudiant, qui me semble être une qualité clé pour la vie professionnelle de cet étudiant devenu employé (ou créateur !).

Reste à savoir comment l’entreprise intégrera ces étudiants arrivant sur le marché du travail. Mais c’est un autre sujet…

Et vous, qu’en pensez-vous ? Ce modèle de l’école-tremplin-vers-le-savoir et non plus de l’école-inculcatrice-de-savoir vous inspire ? Vous fait peur ? Vous laisse dubitatif ?

L’employabilité des étudiants passe par la différenciation

J’ai récemment eu l’occasion de rencontrer Bertrand Duperrin lorsqu’il rendait visite aux responsables de la médiathèque de l’ESC Lille. Rencontre très enrichissante, qui m’a donnée l’opportunité de réfléchir sur l’employabilité des étudiants. Idéalement, nous ne devrions plus apprendre aux étudiants à rédiger leur CV. Non parce que ce serait inné, mais parce que celui-ci deviendrait quasi inutile. En effet, en les formant et les incitant à utiliser les technologies de « téléchargement vers l’amont » (Thomas Friedman), on leur permettrait de se différencier sur le web, et ainsi de se faire repérer par de futurs employeurs.
 J’ai par ailleurs participé à une réunion entre la direction de l’Ecole Centrale de Lille, celle de L’Iteem et des représentants élèves des deux formations, durant laquelle Etienne Craye (Directeur de l’EC Lille) a souligné qu’avec la globalisation du marché du travail (et spécifiquement l’arrivée d’ingénieurs indiens et chinois dans le domaine de l’ingénierie), les élèves doivent réfléchir à la manière de s’ouvrir aux autres et de se différencier des autres pour être employables. Je pense que cette différenciation peut non seulement être faite grâce à la publication de contenu sur le web comme je viens de l’évoquer (par l’intermédiaire d’un blog ou site perso) mais aussi par la co-écriture d’articles dans des revues spécialisées (de préférence à portée nationale ou internationale), voire même de livres.
 Du point de vue de l’entreprise, comme le disait Franck Tognini lors d’une conférence organisée par ICC mardi dernier, la mise en ligne d’une offre d’emploi par une entreprise est un signe d’échec. Échec car elle n’a pas su trouver dans son réseau la personne qui puisse répondre à ses attentes. On pourrait prolonger la logique en avançant que la publication d’une offre implique le traitement de centaines de CV. D’où une perte de temps.
 Si l’on croise ces deux points de vue, on peut deviner que le travail des responsables de recrutement en entreprise risque d’évoluer dans les années qui viennent. (Si le processus n’est pas déjà entamé, mais je n’ai pas une assez bonne vision de la GRH actuelle dans les entreprises pour le confirmer). L’importance du réseau professionnel va s’accentuer et sa notion est en train d’ être redéfinie.
 J’ai ainsi été étonné en passant des entretiens d’embauche de voir qu’aucune personne devant laquelle je me « vendais » n’avait eu la curiosité de taper mon nom dans google. Il me semblait pourtant évident de me renseigner de mon côté sur la personne avec qui j’allais avoir l’entretien.

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Mais tout ceci nécessite une prise de conscience de la part des étudiants eux-mêmes (ci qui n’est pas encore gagné !) et un support de leur encadrement scolaire (Les responsables de la médiathèque de l’ESC Lille sont déjà bien avancées sur ce point).
 Il faut bien entendu relativiser mes propos, car on imagine bien que tous les étudiants ne sauront ne voudront, ou ne pourront se différencier sur le web ni publier d’articles dans des revues spécialisées.</body>

Trouver son environnement de travail idéal

ICCIl y a quelque temps, j’ai réalisé un workshop destiné aux élèves de l’Iteem et de l’Ecole Centrale de Lille sur le thème « trouver son environnement de travail idéal ». Pour répondre aux attentes des étudiants, je l’ai orienté vers la recherche de stage. Ce workshop a été programmé dans le cadre des actions de ICC (Iteem Career Center), association dont je suis co-responsable.
Le but de ce workshop était de donner aux étudiants, parfois un peu « paumés » quand on leur pose la question de leur avenir professionnel, une méthodologie pour nommer les qualités attendues chez leurs collaborateurs, les conditions de travail appréciées, leurs domaines d’intérêt et définir les actions qu’ils souhaiteraient effectuer dans leur activité. Cela a permis à chacun d’eux de réaliser une cartographie de leur lieu et activité d’épanouissement.
La méthodologie que j’ai présentée est celle de Daniel Porot, développée dans son best-seller Comment trouver une situation et présentée à HEC, Stanford et dans d’autres grandes écoles ou universités.
Le workshop a remporté un vif succès, aussi bien auprès des Iteemiens que des Centraliens, et 100% des étudiants ont affirmé que ce travail les avait aidés dans la définition de leurs souhaits de stage.
Les supports de présentation et de travail sont disponibles ici.

Podcasts & étudiants

Podcast iTunesLes étudiants français ne seraient pas encore passés au 2.0 et aux nouveaux outils d’apprentissage ?Peut-être.En tout cas, quand on voit le peu d’étudiants, même issus de grandes écoles, qui ne connaissent pas encore bien ce qu’est le RSS et qui ne l’utilisent pas, ou que le terme « podcast » n’évoque pas encore pour eux un nouveau moyen d’apprentissage, on peut se dire que nous avons encore pas mal d’efforts à faire au niveau des formations.Certaines écoles insistent pourtant sur ces nouveaux outils (voir l’article de Bertrand Duperrin)
Les podcasts universitaires se dévelopent, surtout outre-atlantique (iTunes référence sur iTunes U les podcasts d’universités américaines), mais la France reste encore en retrait.Les podcasts sont des outils formidables d’apprentissage mais encore boudés par les étudiants français.
Une des explications à ce défaut d’engouement proposée par Thierry Faucher serait le fait que la plupart des podcasts universitaires de qualité sont en anglais, ce qui freinerait les étudiants. Une autre raison serait le manque d’information, ou (plus grave) le manque de visibilité de l’intérêt que les étudiants pourraient en tirer…

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