Pourquoi le management américain a prévalu…

Nuit de la Philosophie

Nuit de la Philosophie

Lors de la nuit de la philosophie qui a eu lieu à l’Université du Québec à Montréal, Guillaume Blum, candidat au doctorat, a fait une présentation fort intéressante sur la place de la culture en management. Voici ce que j’en retire…

Il est assez intéressant de voir que lorsque le terme « management » est employé sans qualificatif, il sous-entend généralement le management de type américain post seconde guerre mondiale. Dès que l’on parle d’un autre type de management, nous rajoutons un qualificatif : management japonais, management scandinave, etc.

Pourquoi cette hégémonie du management américain ? Serait-il plus efficace, mieux pensé que les autres ? Le succès des entreprises américaines serait dû à leurs compétences managériales ?

Il semblerait que ce soit le contexte dans lequel ce management américain a été créé et s’est développé qui lui a donné sa prédominance internationale, les Etats-Unis étant sortis en position de force pour une guerre économique : puissance du dollar suite aux accords de Bretton Woods, essor démographique et reprise de l’immigration, efficacité des entreprises, avance technologique et carnet de commande volumineux pour la reconstruction de l’Europe.

Tous ces facteurs semblent avoir contribué à l’expansion rapide du modèle de management américain, qui est ainsi sorti gagnant d’avance et est devenu le modèle de référence, basé sur le pragmatisme et le fonctionnalisme. Il reprend le concept d’Homo œconomicus, être qui a pour objectif de maximiser son utilité et répond aux exigences d’efficience du marché. Ce principe se retrouve dans les pratiques managériale, où l’on observe une mathématisation de l’être humain, une mise en équation pour intégrer l’employé dans les calculs de maximisation. Dans ce modèle, l’homme devient une ressource pour le développement de l’entreprise.

Pourtant, d’autres modèles de management, tel le modèle japonais, savent chercher ce qui fait sens chez les êtres humains de l’entreprise, introduisant même la notion de fête au travail. Ce sont ces modèles qui aujourd’hui sont plébiscités, créés ou repris dans nombre d’entreprises, notamment américaines, tels les modèles de management de Google ou encore d’Apple, qui laissent une part importante à l’épanouissement de l’individu.

Pourquoi ce changement n’a pas eu lieu plus rapidement, alors que l’on se rendait pourtant compte que le modèle de management américain n’était pas forcément plus performant que, par exemple, celui japonais ? Si l’on prend les usines de production Toyota et GM de l’Ontario, employant toutes les deux des populations de même culture, leurs produits sont de qualité différente et l’ambiance de travail est aussi différente. Le management américain semble donc être moins performant que celui japonais pour une même activité et pour une population de même culture. Cette différence a été observée il y a 25 ans, pourtant le modèle a continué d’être enseigné dans les universités et grandes écoles européennes comme étant le modèle de préférence. Ce n’est que récemment que les entreprises ont pris conscience des limites de ce modèle et réfléchissent à de nouvelles pratiques managériales.

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6 réponses à Pourquoi le management américain a prévalu…

  1. boufeda Teja dit :

    est ce que vous pouvez nous parler de la régulation (controle) au sein du management américain? merci

  2. Fred dit :

    Parlez-vous du rôle de contrôle qu’opère le manager vis à vis de ses équipes ?
    Je ne suis pas certain de pouvoir beaucoup vous éclairer sur cette notion mais en fonction de votre souhait je pourrai éventuellement vous apporter quelques éléments…

  3. Bonjour,
    J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre article. Vos réflexions m’ont permis d’étoffer les contenus que je propose pour renforcer les capacités des managers africains afin d’améliorer leurs pratiques managériales.
    Pensez-vous comme Gary Hamel (The future of management) que le futur du management est dans l’innovation du management?

  4. Fred dit :

    Je pense effectivement que le management est aujourd’hui en train d’évoluer. Plutôt que d’être dans une logique « Command & Control », la manager devient aujourd’hui un facilitateur d’échanges, un connecteur entre les membres de son équipe et son écosystème. Cela est motivé par le besoin des entreprises de gagner en agilité, rapidité et créativité afin d’innover plus rapidement ou de manière différenciante par rapport à la concurrence devenue internationale. Ce mode de management contribue également aux attentes sociétales d’épanouissement et de bien être au travail des collaborateurs. On peut parler d’innovation managériale, pour autant ces pratiques ne sont pas réellement nouvelles. Elles étaient jusqu’à aujourd’hui simplement minoritaires. Qu’en est-il en Afrique ?

  5. Bonjour
    Merci d’avoir si promptement donné suite à ma question. En Afrique, le rôle du manager n’est pas loin de celui de « Bonaparte sur le Pont d’Arcole ». Ceci pour deux raisons majeures
    Beaucoup d’entreprises issues de la période des indépendances (1960) sont encore dirigées par des  »selfmade men » qui sont à la fois actionnaires majoritaires et managers. Ils concentrent tout entre leurs mains et ne délèguent pas. ils pensent entreprise familiale quand bien-même une taille critique est atteinte.
    Les autres entreprises non africaines sont des représentations de multinationales qui n’appliquent pas à l’Afrique les règles managériales en vigueur en Europe ou aux USA.
    Toutefois, avec l’implantation de nouvelle sociétés issues des secteurs comme la téléphonie mobile, la banque,les assurances et le pétrole, on assiste à des timides avancées dues au profil des managers sortis des grandes écoles françaises, américaines et canadiennes (MBA – HEC etc). Ceci dit, nous sommes encore loin du management  »intégration et cohérence » c’est le style  »management par l’avoir qui domine.
    Venons-en à notre projet  »RECAP 2.0 » dont l’objectif principal est le renforcement des capacités des managers et des étudiants africains en LMD. Nos cibles n’ont pas le temps de surfer sur internet pour aller dénicher la bonne information pratique, les étudiants n’ont pas les moyens financiers de la faire également.
    C’est pourquoi, RECAP 2.0 produit des contenus à valeur ajoutée pour mettre à leur disposition des info  »prêt à porter. Les domaines couverts sont: le management – les TICE – le marketing et la vente. Les territoires visés sont les huit Etats de l’Union monétaire ouest africaine.
    RECAP 2.0 est à la recherche d’expertise pour donner une certaine envergure au projet.
    Ma question est celle-ci: dans quelle mesure pourrions-nous collaborer dans la production de contenus relatifs au management? Pouvons-nous, le cas échéant, reprendre ou citer vos articles avec vos références?
    Merci pour votre aimable attention
    Adewou Sewa Mensah (Togo)

  6. Bonjour
    Merci d’avoir si promptement donné suite à ma question. En Afrique, le rôle du manager n’est pas loin de celui de « Bonaparte sur le Pont d’Arcole ». Ceci pour deux raisons majeures
    Beaucoup d’entreprises issues de la période des indépendances (1960) sont encore dirigées par des »selfmade men » qui sont à la fois actionnaires majoritaires et managers. Ils concentrent tout entre leurs mains et ne délèguent pas. ils pensent entreprise familiale quand bien-même une taille critique est atteinte.
    Les autres entreprises non africaines sont des représentations de multinationales qui n’appliquent pas à l’Afrique les règles managériales en vigueur en Europe ou aux USA.
    Toutefois, avec l’implantation de nouvelle sociétés issues des secteurs comme la téléphonie mobile, la banque,les assurances et le pétrole, on assiste à des timides avancées dues au profil des managers sortis des grandes écoles françaises, américaines et canadiennes (MBA – HEC etc). Ceci dit, nous sommes encore loin du management »intégration et cohérence » c’est le style »management par l’avoir qui domine.
    Venons-en à notre projet »RECAP 2.0 » dont l’objectif principal est le renforcement des capacités des managers et des étudiants africains en LMD. Nos cibles n’ont pas le temps de surfer sur internet pour aller dénicher la bonne information pratique, les étudiants n’ont pas les moyens financiers de la faire également.
    C’est pourquoi, RECAP 2.0 produit des contenus à valeur ajoutée pour mettre à leur disposition des info »prêt à porter. Les domaines couverts sont: le management – les TICE – le marketing et la vente. Les territoires visés sont les huit Etats de l’Union monétaire ouest africaine.
    RECAP 2.0 est à la recherche d’expertise pour donner une certaine envergure au projet.
    Ma question est celle-ci: dans quelle mesure pourrions-nous collaborer dans la production de contenus relatifs au management? Pouvons-nous, le cas échéant, reprendre ou citer vos articles avec vos références?
    Merci pour votre aimable attention
    Adewou Sewa Mensah (Togo)

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