Management : de Bonaparte au curling

Petite citation sympatique, tirée de l’article « Innovation et management d’équipe : Bonaparte au balai » de Maurice Thévenet dans le livre L’art de l’innovation :

« Le modèle du manager ne peut plus être celui de Bonaparte au Pont d’Arcole tel que le représente Vernet, fier et en première ligne avec les soldats qui le suivent aveuglément et pleins de confiance. Les modèles nouveaux du manager en situation d’innovation doivent être cherchés ailleurs, dans le sport en général, le curling en particulier. […] Au curling notre manager d’innovation serait le porteur du balai ; il frotte la glace de manière à faciliter la progression de la pierre. Il développe beaucoup d’efforts pour le succès du lancer mais sans jamais toucher la pierre…

Comme dans beaucoup d’activités humaines, le manager doit alors faire beaucoup d’efforts pour que rien ne se passe ou du moins que chacun en ait l’impression. Passer de Bonaparte au balai n’est pas chose aisée. Cela ne requiert pas seulement des compétences de la part des managers mais aussi une autre conception d’eux-mêmes et de leur rôle, un glissement de leurs sources de reconnaissance. »

Même si je ne suis pas convaincu que c’est dans le sport que l’on trouvera le modèle du manager de demain, il est vrai que celui-ci s’attachera moins à désigner le chemin à emprunter qu’à faciliter le développement « autonome » des ressources qu’il gère et à favoriser les interactions entre ces ressources.

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2 réponses à Management : de Bonaparte au curling

  1. Joseph dit :

    Cher Frédéric,

    Une autre comparaison sportive, à quelques jours des jeux olympiques : « L’esprit, c’est comme un parachute, ça marche mieux ouvert » –Julien Charlebois
    On peut en dire autant d’un dirigeant !

    Dans la surenchère des comparaisons sportives (ou d’autres natures), j’ai l’impression qu’on est plus dans un souci de communication, d’illustration pédagogique que d’analyse préalable des composants du problème du management qui a évolué.

    Les comparaisons guerrières (Bonaparte au pont d’Arcole) ne sont plus de mode ; le service national est « suspendu » depuis de nombreuses années. Prendre une comparaison militaire, et de plus, d’il y a deux siècles, paraît donc obligatoirement déplacé et anachronique pour le management d’aujourd’hui.
    Cependant, ce qui reste constant est de voir quels sont les ressorts de la motivation pour suivre un chef dans des situations quasi désespérées.

    « Mouiller sa chemise » pour quelqu’un en qui on croit, reste d’actualité.

    Un banquier me disait que ce n’est pas parce qu’un fils de créateur d’entreprise hérite d’une grosse fortune de son père qu’il lui fait confiance pour lui prêter de l’argent mais bien parce que son projet d’emprunt démontre une bonne perception de l’environnement, des risques et le rapide retour sur investissement.

    Avec quelles comparaisons illustrer une telle confiance ?

    Bonnes recherches,

    Joseph

  2. Joseph dit :

    L’environnement est plus ou moins porteur de créations.

    Dans l’environnement révolutionnaire d’il y a deux cents ans, les innovations technologiques n’étaient pas beaucoup diffusées ; les valeurs étaient traditionnelles : honneur, courage…

    Dans l’environnement actuel, plus technologique, avec plus d’échanges internationaux, chacun constate qu’avec seulement l’honneur et le courage, on n’atteint pas les compétences nécessaires pour avoir les informations dans les bases de données en ligne pour prendre des idées dans des brevets récents. Le succès (au prix du moindre effort) nécessite de se positionner dans des réseaux de connaissances pour acquérir les
    informations pertinentes et efficaces qui permettent la création, la survie.
    Il est donc nécessaire d’adopter d’autres manières de voir, de créer, tout en restant soi-même.
    Il est dès lors, difficile pour un dirigeant, de mobiliser des personnels dont certains ne voudraient pas être dans un environnement changeant.

    Constater que le dirigeant ballaie devant la pierre au curling me rassurerait plutôt. Car il montre ainsi qu’il s’adapte très rapidement à un environnement très changeant.

    Une des maximes possibles pour susciter le changement et pour rappeler la relativité des références pourrait être :
    « Il existe 10 catégories d’individus dans le monde : ceux qui comptent en binaire et les autres. » :-)

    Bonnes recherches,

    Joseph

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