Peut-on réussir une création d’entreprise en n’étant ni professionnel expérimenté ni étudiant ?

7 mai 2009

Etudiant entrepreneurPeut-on réussir une création d’entreprise en n’étant ni professionnel expérimenté ni étudiant ?

A première vue, oui : pourquoi un jeune professionnel ne pourrait pas avoir une bonne idée, assez bonne pour donner lieu à la création d’une entreprise ? Tant que les compétences en création d’entreprise sont au rendez-vous, pourquoi le fait de ne plus être étudiant et de ne pas être professionnel expérimenté serait un handicap ? Et d’ailleurs, pourquoi serait-il plus facile à un étudiant de lancer une entreprise qu’à un jeune professionnel (déjà plus expérimenté) ?

La réponse à cette question est… le réseau :

  • Un étudiant bénéficie du réseau de ses camarades, de celui de ses professeurs, de celui de ses parents et de l’appui de tout ce petit monde.
  • Un travailleur expérimenté s’est tissé un réseau de professionnels qui peuvent l’aiguiller et l’aider dans sa démarche de création.
  • A contrario, un jeune n’ayant qu’un ou deux ans d’expérience professionnelle se trouve dans une phase de creux au niveau de son réseau. il a quitté l’environnement universitaire, est censé avoir pris son indépendance vis à vis de ses parents, mais n’a pas encore pu constituer un réseau professionnel diversifié et puissant.

Si l’on considère que le réseau est un ingrédient essentiel dans la création d’entreprise, cette faiblesse inhérente aux premières années d’activité professionnelle peut devenir un réel handicap. Les exemples de réussite alors que le créateur n’était encore qu’étudiant sont légion : Michael Dell (Dell), Mark Zuckerberg (Facebook), Larry Page (Google) et bien d’autres ; ceux de créateurs expérimentés sont innombrables ; mais peu sont ceux de créateurs dans la période de 2 ans consécutive à leur obtention de diplôme.

Mais cela ne veut pas dire qu’il est impossible de lancer une entreprise en n’étant ni étudiant ni professionnel expérimenté. Une des possibilités est de s’associer avec un professionnel plus expérimenté et bénéficiant d’un réseau conséquent.Une autre possibilité, si l’on est seul face à la création d’entreprise, est d’avoir su se constituer un réseau assez fort dès les premières années d’études. Cette démarche permet d’accroître l’efficacité de la transition entre le monde universitaire et le monde professionnel.

Comment y parvenir ? En faisant un suivi des relations tissées lors de stages en entreprises, en participant à des événements professionnels, colloques, congrès et autres séminaires, en profitant des visites d’entreprises pour nouer des premiers contacts, etc.

Il me semble que cette démarche est primordiale pour les jeunes qui souhaiteraient développer un projet de création d’entreprise durant leurs premières années d’activité.

Mais cela est bien entendu très important pour tous les étudiants quelque soit leur projet professionnel, car cela leur facilitera leurs premières années d’exercice, qui plus est quand la concurrence sur le marché dutravail est rude. 

Qu’en pensez-vous ? Avez-vous des exemples de création post-graduation réussies ? Le réseau est-il selon vous un élément déterminant dans la réussite d’un projet de création d’entreprise ?

Pourquoi le management américain a prévalu…

5 avril 2009

Nuit de la Philosophie

Nuit de la Philosophie

Lors de la nuit de la philosophie qui a eu lieu à l’Université du Québec à Montréal, Guillaume Blum, candidat au doctorat, a fait une présentation fort intéressante sur la place de la culture en management. Voici ce que j’en retire…

Il est assez intéressant de voir que lorsque le terme « management » est employé sans qualificatif, il sous-entend généralement le management de type américain post seconde guerre mondiale. Dès que l’on parle d’un autre type de management, nous rajoutons un qualificatif : management japonais, management scandinave, etc.

Pourquoi cette hégémonie du management américain ? Serait-il plus efficace, mieux pensé que les autres ? Le succès des entreprises américaines serait dû à leurs compétences managériales ?

Il semblerait que ce soit le contexte dans lequel ce management américain a été créé et s’est développé qui lui a donné sa prédominance internationale, les Etats-Unis étant sortis en position de force pour une guerre économique : puissance du dollar suite aux accords de Bretton Woods, essor démographique et reprise de l’immigration, efficacité des entreprises, avance technologique et carnet de commande volumineux pour la reconstruction de l’Europe.

Tous ces facteurs semblent avoir contribué à l’expansion rapide du modèle de management américain, qui est ainsi sorti gagnant d’avance et est devenu le modèle de référence, basé sur le pragmatisme et le fonctionnalisme. Il reprend le concept d’Homo œconomicus, être qui a pour objectif de maximiser son utilité et répond aux exigences d’efficience du marché. Ce principe se retrouve dans les pratiques managériale, où l’on observe une mathématisation de l’être humain, une mise en équation pour intégrer l’employé dans les calculs de maximisation. Dans ce modèle, l’homme devient une ressource pour le développement de l’entreprise.

Pourtant, d’autres modèles de management, tel le modèle japonais, savent chercher ce qui fait sens chez les êtres humains de l’entreprise, introduisant même la notion de fête au travail. Ce sont ces modèles qui aujourd’hui sont plébiscités, créés ou repris dans nombre d’entreprises, notamment américaines, tels les modèles de management de Google ou encore d’Apple, qui laissent une part importante à l’épanouissement de l’individu.

Pourquoi ce changement n’a pas eu lieu plus rapidement, alors que l’on se rendait pourtant compte que le modèle de management américain n’était pas forcément plus performant que, par exemple, celui japonais ? Si l’on prend les usines de production Toyota et GM de l’Ontario, employant toutes les deux des populations de même culture, leurs produits sont de qualité différente et l’ambiance de travail est aussi différente. Le management américain semble donc être moins performant que celui japonais pour une même activité et pour une population de même culture. Cette différence a été observée il y a 25 ans, pourtant le modèle a continué d’être enseigné dans les universités et grandes écoles européennes comme étant le modèle de préférence. Ce n’est que récemment que les entreprises ont pris conscience des limites de ce modèle et réfléchissent à de nouvelles pratiques managériales.

L’étudiant de demain : un autodidacte ?

11 décembre 2008

Certains trouveront que mon titre est un non-sens, et d’une certaine manière ils n’ont pas tort !

Un autodidacte est communément une personne qui a appris par elle-même, en dehors des institutions éducatives (autoformation). A contrario, le nom étudiant est généralement attribué aux personnes suivant un cursus scolaire (hétéro-formation), bien que dérivé du latin studere qui signifie « s’appliquer à apprendre quelque chose ».

Si on s’en tient au sens courant, un étudiant ne pourrait donc a priori pas être autodidacte. Mais venons-en à “l’analyse” de l’étudiant de demain…

D’après Philippe Martin, les étudiants de demain (en réalité déjà d’aujourd’hui), les digital natives (ceux qui n’ont pas connu la cabine téléphonique ni le mélodieux modem 56k), semblent présenter les caractéristiques suivantes :

  • “Les digital natives n’ont aucune attente vis à vis de l’école en ce qui concerne les TIC. Les enseignants sont largués sur ce dossier. Ils disent s’ennuyer, que c’est long, que l’école n’avance pas assez.”
  • “95 % des choses qu’ils apprennent ou découvrent viennent de leurs amis, soit par le chat, soit par la cour de récréation. C’est la recommandation et le bouche à oreille.”
  • “Ils peuvent avoir des réponses à des questions instantanément et reprennent parfois leurs parents.”


On voit déjà à travers ces quelques remarques que les attentes et pratiques en matière d’apprentissage ont évolué du côté étudiant. Mais qu’en est-il du côté enseignant?
L’étudiant de demain se sert ainsi des enseignements qu’il suit comme d’un “déclencheur”, d’un point de départ, pour approfondir les domaines et sujets qui l’intéressent ou qui le questionnent. Si cet approfondissement n’est pas fourni par ses enseignants (hétéro-formation) il ira la chercher par lui-même (auto-formation).
On se rend alors compte que les deux notions d’études et d’autodidaxie se rejoignent de plus en plus. Le mot étudiant reprend son sens latin.

L’enjeu de l’enseignement ne serait donc plus d’inculquer aux étudiants l’intégralité des notions pendant les cours mais de susciter l’intérêt de leur auditoire sur des domaines qu’ils approfondiraient par eux-même (et volontairement !). L’école devient réellement un environnement au service de l’épanouissement de l’élève.

Sous cette nouvelle forme, l’enseignement développerait intrinsèquement la volonté d’entreprendre de l’étudiant, qui me semble être une qualité clé pour la vie professionnelle de cet étudiant devenu employé (ou créateur !).

Reste à savoir comment l’entreprise intégrera ces étudiants arrivant sur le marché du travail. Mais c’est un autre sujet…

Et vous, qu’en pensez-vous ? Ce modèle de l’école-tremplin-vers-le-savoir et non plus de l’école-inculcatrice-de-savoir vous inspire ? Vous fait peur ? Vous laisse dubitatif ?

« Construire un état entrepreneur »

4 décembre 2008

Dans son discours de ce jour prononcé à Douai, outre le fait que Nicolas Sarkozy ait évoqué à plusieurs reprise la révolution numérique qui doit animer la France (ce qui n’est pas pour me déplaire) ainsi que la volonté réaffirmée de faire de la recherche et de l’université des leviers de notre compétitivité, j’ai retenu une phrase, qui plaira à beaucoup de mes collègues de l’Iteem : l’enjeu est de « construire un état entrepreneur ». Aurait-on trouvé le prochain conférencier qui interviendrait auprès des iteemiens ?

2.0 & secteur public

30 septembre 2008

Hier après-midi, j’ai eu l’honneur de présenter les concepts du 2.0 auprès de la Direction des Systèmes d’Information du Conseil Général de Pas-de-Calais, sur invitation de Fabrice Douez, DSI.

J’ai été très agréablement surpris par l’intérêt porté par le Conseil Général sur le sujet du collaboratif, et plus globalement sur les nouvelles pratiques de travail et de collaboration (dont le télétravail).

Le monde de la Fonction Publique paraît assez souvent obscur et peut attractif pour des inconditionnels du privé… « fonctionnement dépassée », « lourdeur », « manque de créativité et de dynamisme » et pourtant tout ce que j’ai vu à la DSI du CG62 m’a prouvé le contraire et m’a montré que les deux secteurs avaient des logiques facilement comparables.
Au vu du dynamisme et de l’ouverture d’esprit de cette DSI, je me dis que le secteur privé devrait parfois prendre exemple !

Concepts 2.0 CG62
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Quels est selon vous l’intérêt pour le public de mettre en place une pratique collaborative ? Avez-vous déjà des expériences de mise en place de pratiques collaboratives dans ce secteur ?
Quels pourraient être leurs besoins et les outils pour y répondre ?

En tout cas, merci à la DSI pour l’accueil qui m’a été réservé et l’intérêt porté sur le sujet !
N’hésitez pas aussi à faire des commentaires sur la présentation…