Management : de Bonaparte au curling

10 juillet 2008

Petite citation sympatique, tirée de l’article « Innovation et management d’équipe : Bonaparte au balai » de Maurice Thévenet dans le livre L’art de l’innovation :

“Le modèle du manager ne peut plus être celui de Bonaparte au Pont d’Arcole tel que le représente Vernet, fier et en première ligne avec les soldats qui le suivent aveuglément et pleins de confiance. Les modèles nouveaux du manager en situation d’innovation doivent être cherchés ailleurs, dans le sport en général, le curling en particulier. […] Au curling notre manager d’innovation serait le porteur du balai ; il frotte la glace de manière à faciliter la progression de la pierre. Il développe beaucoup d’efforts pour le succès du lancer mais sans jamais toucher la pierre…

Comme dans beaucoup d’activités humaines, le manager doit alors faire beaucoup d’efforts pour que rien ne se passe ou du moins que chacun en ait l’impression. Passer de Bonaparte au balai n’est pas chose aisée. Cela ne requiert pas seulement des compétences de la part des managers mais aussi une autre conception d’eux-mêmes et de leur rôle, un glissement de leurs sources de reconnaissance.”

Même si je ne suis pas convaincu que c’est dans le sport que l’on trouvera le modèle du manager de demain, il est vrai que celui-ci s’attachera moins à désigner le chemin à emprunter qu’à faciliter le développement “autonome” des ressources qu’il gère et à favoriser les interactions entre ces ressources.

Qu’en pensez-vous ?

“Reinvent the management”, by heavyweight thinkers

27 mai 2008

Demain, mercredi 28 mai, se tiendra à Half Moon Bay (Californie) un échange entre très grands noms du management. L’idée d’origine est la suivante : What would happen if you asked 30 of the world’s most progressive business thinkers to reinvent management for the 21st century?

Cet échange (non ouvert au public) mettra autour d’une même table des pointures académiques telles que Henry Mintzberg (McGill), Peter Senge (MIT), Chris Argyris (Harvard), Gary Hamel (Harvard) ; des grands penseurs, éditeurs et écrivains et des “business leaders” tels que John Mackey (CEO de Whole Foods) ou encore Marissa Mayer (Google’s VP for search products).

Gary Hamel est à l’origine de cette initiative, mise en place dans le cadre du MLab.
Les résultats de cet échange qui promet d’être intéressant seront publiés sur leur site. Vous pouvez lire l’article du MLab à ce sujet.

Je vous recommande par ailleurs la lecture du dernier livre de Gary Hamel (traduction de The Future of Management) : La Fin du Management.

Flashback sur le premier Barcamp Ch’ti

26 mai 2008

Ce samedi a eu lieu le premier barcamp Ch’ti à l’ESC Lille. Ce fut une très bonne expérience et l’occasion de rencontrer et échanger avec de grands noms du monde collaboratif : Bertrand Duperrin, Louis Naugès, Xavier Aucompte et bien d’autres…

Comme annoncé, j’y ai réalisé en tout début de session une présentation suivie d’un débat resituant le contexte dans lequel l’E2.0 s’inscrit, les enjeux techniques, manageriaux et humains pour l’entreprise.
La conclusion du travail que j’ai réalisé avec Julie Debruyne et Victorien Hallynck (tous deux étudiants de ma promotion à l’Iteem et ayant suivi le MSc à l’ESC Lille) étant que le grand challenge de l’entreprise qui souhaite évoluer sera de gérer une révolution sociale liée à ces évolutions. Révolution générée par le refus des managers de voir leur pouvoir (lié en partie à la détention d’information non connue par les autres) se dissoudre (ou plus précisément être transformé) du fait de l’accroissement de la transversalité et des échanges d’information dans l’entreprise.

J’ai eu l’honneur d’avoir comme participant Martin Roulleaux Dugage, grand nom du KM et auteur de l’édifiant « Organisation 2.0 : Le knowledge management nouvelle génération ».

Voici les slides de ma présentation :

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Vous retrouverez très prochainement dans l’onglet Essais / Publications du bandeau de droite la revue de littérature (préalable au mémoire) qui a servi de source à la présentation.

Pour les retours sur cette journée exceptionnelle, je ne vais pas réécrire ce qui est déjà très bien dit par d’autres… Je vous conseille d’aller lire les articles de Bertrand Duperrin et de Xavier Aucompte.

Mon coup de cœur du barcamp va à la Fing et son « carrefour des possibles », concept permettant à des personnes de tous horizons de se rencontrer autour de la présentation de projets d’innovation, et de générer de la créativité à travers ces échanges de personnes issues de « mondes » différents ! Un concept déjà bien développé par nos amis nord-américains et qui s’instaure en France pour notre plus grand plaisir !

Ma soirée s’est terminée par un échange lui aussi très enrichissant, autour d’une bonne carbonnade flamande et de bières locales (cadre Ch’ti oblige), en compagnie de Thierry Faucher (Auchan), Yves Duron et Fabien Lair (Next Modernity).

Bravo aux geemiks et plus particulièrement à Isabelle Brisset qui ont fait de cet événement une véritable réussite !

Barcamp Lille “Usages et Entreprise 2.0″

12 mai 2008

barcamp Lille “Usages et Entreprise 2.0″ C’est le nom donné au premier Barcamp Lille qui se déroulera le samedi 24 mai 2008 dans les locaux de l’ESC Lille, à partir de 12h. Près de 200 participants de différents horizons sont attendus ! 

J’y présenterai la réflexion issue du travail sur « les organisations virtuelles et la transversalité », réalisé avec Julie Debruyne et Victorien Hallynck pendant mon année de MSc. 

Alors n’hésitez plus : inscrivez-vous ici ou faites un tour sur le blog du barcamp !

rdv Barcamp Lille

Vers une révolution des classes en entreprise

28 avril 2008

La généralisation de la mondialisation (aux entreprises de toutes tailles et de toutes situations géographiques) a entraîné la nécessité pour celles-ci d’innover et donc de collaborer. La notion de transversalité à découlé de cette logique et s’est vue renforcée par celle de virtualité, qui gagne l’entreprise à grands pas. 

D’un point de vue organisationnel et technologique,  on comprend bien que l’on va devoir faire face à des bouleversements conséquents, mais surmontables tant que l’on sait s’y prendre et que la culture d’entreprise ne fait pas blocage. 

D’un point de vue humain, puisque la connaissance se diffuse et que l’information devient accessible à tous les niveaux, les relations de pouvoir - jusqu’ici basées en partie sur la détention d’une information “stratégique” non connue par les autres - sont bouleversées. Le manager n’a alors plus le “pouvoir sur quelque chose” mais  le “pouvoir de faire quelque chose”.
Nuance non sans effet sur la fonction de manager. 

On se rend alors compte que les manager qui ont établi leur “supériorité” depuis plusieurs années risquent de faire blocage à l’avènement de la libre-circulation de l’information dans l’entreprise afin de conserver leur pouvoir.

A l’opposé, les niveaux plus bas dans la hiérarchie actuelle des entreprises, capitalisant de l’information et la transformant en connaissance, vont vouloir revendiquer leur nouveau pouvoir. 

Le transfert du lieu de pouvoir en entreprise risque de faire de nombreux remous voir même de donner naissance à ce que l’on pourrait appeler une “révolution des classes en entreprise”.
Le management de cette révolution sera l’un des grands challenges de l’entreprise de demain.

MonsieurParking.com

13 mars 2008

MonsieurParking

Hier, 4 amis de ma promo (Iteem 2008) ont lancé leur entreprise : MonsieurParking.

 

Vous vous énerviez à tourner des heures en voiture pour trouver une place de parking en ville ? Eh bien dorénavant, cela ne vous arrivera plus !

 

MonsieurParking est le premier service français de location de parkings privés sur Internet.

Le concept est basé sur la mise en relation de personnes détenant des places de parking privé qu’elles n’utilisent pas (ou peu), et de demandeurs qui cherchent des places pour se garer en ville.

 

Screenshot MonsieurParking

Ayant fait partie des bêta-testeurs, j’ai pu faire le tour de l’application aussi bien du côté « vendeur » que du côté « acheteur ». Je l’ai trouvée réellement bien pensée, intuitive, agréable, et donc accessible à tous.

 

Le portail MonsieurParking permet entre autres de géolocaliser les parkings et de gérer dynamiquement les réservations.

Le système de recherche avancée par filtres est très performant et permet de trouver très efficacement et en un minimum de temps la place qui nous convient.

 

Une fois votre place trouvée, le demandeur et le loueur sont mis en relation, et un système de paiement sécurisé en ligne permet de réaliser la transaction en toute tranquillité.

 

Il ne vous reste plus qu’à aller retirer si nécessaire la clé ou le bip d’accès au garage loué auprès du loueur et à profiter de votre nouvelle place de parking !

 

Coup de chapeau à eux 4 qui ont développé leur projet pendant leurs études et ont été lauréats du concours « Graines de Boss » organisé par MédiaBoard et M6, parrainé par le fondateur de PriceMinister.C’est la deuxième création d’entreprise pre-graduate de notre promo. 

Sébastien Herman et Grégoire Lengaigne sont ainsi devenus les co-gérants de cette PME.

L’employabilité des étudiants passe par la différenciation

1 mars 2008

J’ai récemment eu l’occasion de rencontrer Bertrand Duperrin lorsqu’il rendait visite aux responsables de la médiathèque de l’ESC Lille. Rencontre très enrichissante, qui m’a donnée l’opportunité de réfléchir sur l’employabilité des étudiants. Idéalement, nous ne devrions plus apprendre aux étudiants à rédiger leur CV. Non parce que ce serait inné, mais parce que celui-ci deviendrait quasi inutile. En effet, en les formant et les incitant à utiliser les technologies de « téléchargement vers l’amont » (Thomas Friedman), on leur permettrait de se différencier sur le web, et ainsi de se faire repérer par de futurs employeurs.
 J’ai par ailleurs participé à une réunion entre la direction de l’Ecole Centrale de Lille, celle de L’Iteem et des représentants élèves des deux formations, durant laquelle Etienne Craye (Directeur de l’EC Lille) a souligné qu’avec la globalisation du marché du travail (et spécifiquement l’arrivée d’ingénieurs indiens et chinois dans le domaine de l’ingénierie), les élèves doivent réfléchir à la manière de s’ouvrir aux autres et de se différencier des autres pour être employables. Je pense que cette différenciation peut non seulement être faite grâce à la publication de contenu sur le web comme je viens de l’évoquer (par l’intermédiaire d’un blog ou site perso) mais aussi par la co-écriture d’articles dans des revues spécialisées (de préférence à portée nationale ou internationale), voire même de livres.
 Du point de vue de l’entreprise, comme le disait Franck Tognini lors d’une conférence organisée par ICC mardi dernier, la mise en ligne d’une offre d’emploi par une entreprise est un signe d’échec. Échec car elle n’a pas su trouver dans son réseau la personne qui puisse répondre à ses attentes. On pourrait prolonger la logique en avançant que la publication d’une offre implique le traitement de centaines de CV. D’où une perte de temps.
 Si l’on croise ces deux points de vue, on peut deviner que le travail des responsables de recrutement en entreprise risque d’évoluer dans les années qui viennent. (Si le processus n’est pas déjà entamé, mais je n’ai pas une assez bonne vision de la GRH actuelle dans les entreprises pour le confirmer). L’importance du réseau professionnel va s’accentuer et sa notion est en train d’ être redéfinie.
 J’ai ainsi été étonné en passant des entretiens d’embauche de voir qu’aucune personne devant laquelle je me « vendais » n’avait eu la curiosité de taper mon nom dans google. Il me semblait pourtant évident de me renseigner de mon côté sur la personne avec qui j’allais avoir l’entretien.

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Mais tout ceci nécessite une prise de conscience de la part des étudiants eux-mêmes (ci qui n’est pas encore gagné !) et un support de leur encadrement scolaire (Les responsables de la médiathèque de l’ESC Lille sont déjà bien avancées sur ce point).
 Il faut bien entendu relativiser mes propos, car on imagine bien que tous les étudiants ne sauront ne voudront, ou ne pourront se différencier sur le web ni publier d’articles dans des revues spécialisées.</body>

Trouver son environnement de travail idéal

25 décembre 2007

ICCIl y a quelque temps, j’ai réalisé un workshop destiné aux élèves de l’Iteem et de l’Ecole Centrale de Lille sur le thème “trouver son environnement de travail idéal”. Pour répondre aux attentes des étudiants, je l’ai orienté vers la recherche de stage. Ce workshop a été programmé dans le cadre des actions de ICC (Iteem Career Center), association dont je suis co-responsable.
Le but de ce workshop était de donner aux étudiants, parfois un peu “paumés” quand on leur pose la question de leur avenir professionnel, une méthodologie pour nommer les qualités attendues chez leurs collaborateurs, les conditions de travail appréciées, leurs domaines d’intérêt et définir les actions qu’ils souhaiteraient effectuer dans leur activité. Cela a permis à chacun d’eux de réaliser une cartographie de leur lieu et activité d’épanouissement.
La méthodologie que j’ai présentée est celle de Daniel Porot, développée dans son best-seller Comment trouver une situation et présentée à HEC, Stanford et dans d’autres grandes écoles ou universités.
Le workshop a remporté un vif succès, aussi bien auprès des Iteemiens que des Centraliens, et 100% des étudiants ont affirmé que ce travail les avait aidés dans la définition de leurs souhaits de stage.
Les supports de présentation et de travail sont disponibles ici.

Virtual organizations & transversality

26 octobre 2007

Je suis en train de travailler (dans le cadre de mon MSc à l’ESC Lille) sur la réalisation d’une revue de littérature sur le sujet “Organisations Virtuelles et Transversalité”.Sujet très intéressant car il aborde des thématiques nouvelles (contrairement aux traditionnels sujets tels que “le Management du chaos”, maintes et maintes fois traité par les “gourous” du Management”) et nous pouvons donc éventuellement apporter notre contribution à la recherche.
Après une première analyse d’articles de revues classées en catégorie 0 ou 1 par le classement ESSEC, il semblerait que les thématiques de la mise en place, de la transition d’une organisation traditionnelle (verticale - vertical organization) à une organisation virtuelle (horizontale - flat organization), et du lien entre transversalité et virtualité soient très peu étudiées.
Comme le faisait remarquer Bertrand Duperrin dans l’un de ses posts, le but n’est pas de faire passer l’entreprise traditionnelle à une forme virtuelle, horizontale (entreprise 2.0), mais de savoir jongler entre les deux formes afin d’être performante.
Bref, il reste encore pas mal de possibilités d’études sur le sujet et je compte bien réaliser mon mémoire de fin d’étude sur un sujet relatif à cette complémentarité traditionnel/2.0 et les interactions entre ces deux formes…

Podcasts & étudiants

20 octobre 2007

Podcast iTunesLes étudiants français ne seraient pas encore passés au 2.0 et aux nouveaux outils d’apprentissage ?Peut-être.En tout cas, quand on voit le peu d’étudiants, même issus de grandes écoles, qui ne connaissent pas encore bien ce qu’est le RSS et qui ne l’utilisent pas, ou que le terme “podcast” n’évoque pas encore pour eux un nouveau moyen d’apprentissage, on peut se dire que nous avons encore pas mal d’efforts à faire au niveau des formations.Certaines écoles insistent pourtant sur ces nouveaux outils (voir l’article de Bertrand Duperrin)
Les podcasts universitaires se dévelopent, surtout outre-atlantique (iTunes référence sur iTunes U les podcasts d’universités américaines), mais la France reste encore en retrait.Les podcasts sont des outils formidables d’apprentissage mais encore boudés par les étudiants français.
Une des explications à ce défaut d’engouement proposée par Thierry Faucher serait le fait que la plupart des podcasts universitaires de qualité sont en anglais, ce qui freinerait les étudiants. Une autre raison serait le manque d’information, ou (plus grave) le manque de visibilité de l’intérêt que les étudiants pourraient en tirer…